Il ne m'a jamais frappée mais sa haine du genre de femme que je suis et qu'il avait pourtant choisie ne l'a jamais quitté.  Une violence en demi teinte donc. En demi teinte mais dont les intentions étaient bel et bien sombres comme le placard d'accusations - tu vas au carnaval pour péter tes bombes - de dénigrement - tu mets des shorts parce que tes jambes, c'est ce qu'il y a de joli chez toi - de découragement - ou ké toujou viré an pié John. Il me fallait comprendre que je devais attendre, canir, tenir des roches à chaque plus lourde à porter. Attendre de voyager, attendre de progresser dans ma carrière, attendre une maison qu'il n'a jamais terminée pour avoir un lit sur quoi dormir, attendre d'être traitée comme une épouse et non comme une de ses nombreuses maîtresses. Je travaille depuis que j'ai 22 ans et je devais attendre de vivre parce qu'il ne supportait pas de vivre avec moi et me le faisait payer en me placardisant avec le consentement béat d'une personne amoureuse depuis l'adolescence.


Et puis un jour, après une énième absence où je portais les courses et gérais les enfants, je me suis dit : Mais ça sert à quoi si je peux tout faire toute seule? La première pierre du mur que j'ai mis entre nous était posée. 
La deuxième pierre, que dis-je : roche, c'est le jour où il est parti en voyage en refusant de me dire avec qui, prétextant une histoire de voyage initiatique magico-religieux avec des personnes qui tenaient à leur anonymat. Quand il est revenu, 7 jours après, c'était terminé. Je n'avais plus qu'un étranger chez moi qui quand il s'est rendu compte qu'il ne m'atteignait plus, ma blessé au visage. Oh faiblement! Mais c'était suffisant. Je l'ai regardé et je lui ai dit, tu vas partir aujourd'hui de cette maison. 20 ans de relation, 11 ans de mariage, sur lesquels j'ai mis le mot fin aussi simplement que si j'avais tourné la dernière page d'un livre et comment ?


Parce que quelque part, le bon sens ne m'a jamais abandonnée. Je savais au fond de moi que ce que je vivais n'était pas acceptable et même s'il dénigrait mes arguments, menaçait mes décisions ou hurlait à pleins poumons. Je savais.
J'ai eu mon gros poil ! Ah oui ! Quand on commence à mesurer les conséquences : être seule, la maison en construction, la maîtresse qui devient la belle-mère de ses enfants, on perd des kilos et on les perd vite. Mais Dieu dans sa grande bonté permet à la femme de maigir quand elle va mal parce qu'alors elle devient confiante, solaire et forte.
J'ai fait mes plus belles rencontres après ça. J'ai aimé, jaime encore. Mes vécu mes plus belles experiences Comme si ma vie avait attendu que je ré appuie sur play