Rechercher

Notre engagement pour les droits des femmes

Article publié par France-Antilles le 2 septembre 2014

Les féministes françaises appellent à une manifestation le mardi 2 septembre 2014 devant Matignon où siège Manuel Valls, premier ministre du gouvernement français. Comme elles, nous constatons avec ce gouvernement un recul pour les droits des femmes dont la prise en compte est associée au ministère de la santé et aux simples questions concernant le social. Mais les droits des femmes ne se réduisent pas à ce seul aspect d’autant plus que les problématiques qui nous concernent, sont autrement plus larges et importantes. Nous appuyons et rejoignons la démarche des féministes françaises qui appellent à ce rassemblement qui exige : « un Ministère de plein exercice est nécessaire. Nécessaire car il marque la considération accordée à ce combat, nécessaire car lui seul peut prendre en compte cette approche transversale indispensable. »

Pour nous, en Martinique, notre objectif est de faire avancer les droits des femmes. N’attendons pas les directives d’un ministère ou d’un secrétariat d’Etat pour que la réalité des femmes martiniquaises soit considérée comme une question cardinale dans une société qui lutterait contre les oppressions. Nos dirigeants et dirigeantes politiques se réjouissent de la nouvelle collectivité, pourra-t-on faire de la question des droits des femmes un axe qui traverse tous les domaines des politiques publiques. Comment peut-on se taire et surtout ne pas agir ?

Toutes les collectivités, et en premier lieu les municipalités et les communautés de communes, ne peuvent plus se contenter pour être politiquement correctes d’appliquer les règles numériques du nombre de femmes à élire et de répartir avec difficulté les postes de responsabilités à quelques figures féminines. Elles doivent indispensablement s’engager dans la lutte contre les discriminations dont sont victimes les femmes.

LES CHIFFRES ET LES COMPORTEMENTS SEXISTES SONT CRIANTS DANS NOTRE PAYS

– La parité n’est pas rentrée dans les mœurs et elle n’est imposée que par la loi française pourtant insuffisante. C’est nettement mieux que rien mais il faut se tenir debout pour aller au bout de l’objectif! – Les violences faites aux femmes sont réelles et leur éradication réclame une politique d’engagement fort. Quelles seront les initiatives prises pour la journée internationale pour l’élimination des violences envers les femmes, le 25 novembre ? Nous les femmes, nous exigeons que cette campagne perdure! Que la Région, que le Conseil général, que toutes les collectivités territoriales en fassent un axe fort de leurs interventions. – Les comportements sexistes ne diminueront que par la mise en place d’une politique de prévention pérenne qui passe par la mise en place d’ateliers partout où se trouvent des jeunes filles et des jeunes garçons. Que la Région, que le Conseil général, que toutes les collectivités territoriales mettent en place des commissions de travail et une chargée de mission qui soient en liaison avec les associations féministes. – La pauvreté est en augmentation constante chez les femmes même parmi celles qui travaillent. Quels regards particuliers ? Quelles réflexions spécifiques en dehors du développement d’actions de charité ? – La précarité est majoritairement le lot des femmes. Plus de 70% des contrats à temps partiels sont des femmes. Elles sont majoritaires dans les contrats en CDD. – L’histoire des femmes, de leur implication dans le mouvement social et politique de notre pays mérite des initiatives de la part des communes. Nos jeunes ignorent notre histoire et encore plus celles des femmes qui sont des modèles positifs différents de ce qui leur est montré dans les médias, clips, affiches publicitaires….

Alors notre objectif n’est pas d’aller à Matignon mais de dire aussi à la politique gouvernementale et à nos élu-e-s quelles sont les attentes d’une vraie politique de droits des femmes.

Mobilisons nous dans les combats à venir pour avoir des femmes élues déléguées aux droits des femmes, et pourquoi pas des hommes délégués à ces droits, des services qui sauront mener des politiques pour une démocratie avancée c’est-à-dire une société sans oppression des femmes.

George Arnauld, Lydia Ramael, Les militantes féministes de « Culture Egalité »

#cultureégalitéassociationféministeMartinique #DROITSDESfemmes

0 vue0 commentaire