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La violence masculine : une horreur !

… Il y a quelques semaines, au François, un homme agressait son ex-compagne, détruisait sa voiture et celle de son père et s’attaquait à sa maison sous le prétexte que cette femme, lassée de sa violence (il avait déjà été condamné 3 fois !), ne voulait plus de lui…

Il y a deux jours, toujours au François, une femme est aspergée d’essence, par son compagnon encore. La violence masculine dans toute son horreur ! La traduction même de la domination masculine dans cet acte inqualifiable, inacceptable. La mort par une souffrance horrible afin de bien punir. Punie pour avoir refusé l’Autre.

Si certain-e-s reprennent cette idée révoltante que tout est de la faute de la femme, la plupart des gens s’interrogent : Comment un homme peut-il arriver à ça ? Quelle est cette barbarie ? Comment peut-on avoir droit de vie ou de mort sur une femme ? Sur cette femme dont cet homme a décidé qu’elle doit être sienne. Elle n’a pas le droit de décider sa vie. « Je te veux, tu dois m’accepter, et c’est insupportable pour moi que tu aies osé ne pas me choisir, me quitter, et en plus, faire le choix d’un autre homme. »

On nous parle une fois de plus de crime passionnel. Il est tellement amoureux ! Il est donc jaloux et il la tue. De grâce, ne serait-ce que par respect pour la victime, arrêtons de qualifier ainsi des assassinats qui n’ont rien à voir avec de l’amour.

LA VIOLENCE N’EST PAS DE L’AMOUR !

Disons-le haut et fort, écrivons le partout en grosses lettres afin que nos jeunes garçons en prennent conscience et s’en imprègnent et que nos jeunes filles sortent de la fatalité, de la passivité : « …c’est parce qu’il est jaloux qu’il fait ça : il m’aime.. » Nous le répétons, cette violence masculine n’est rien d’autre que le résultat de tout un processus culturel dans lequel les filles et les garçons baignent depuis la naissance, dans cette société patriarcale que les siècles n’ont pas changée. Une société qui met en place les bases de la violence en direction des femmes par leur compagnon.

Une société qui transmet dans son éducation des valeurs bien différentes pour les filles et les garçons : des petites filles qui doivent « rester tranquilles », obéir, donc demeurer d’éternelles enfants et à qui on enseigne aussi à pratiquer le dévouement, le pardon. Alors qu’aux petits garçons ont apprend à être de petits coqs, prédateurs. On rit, on s’amuse de l’expression de leur virilité. Quelles sont-elles, ces manifestations ?

Leur tendance à s’imposer, à avoir le verbe haut, à rouler les mécaniques, à multiplier les conquêtes, à être le plus fort. Et ils ont aussi bien intégré qu’une fille, une femme doit obéir. Actuellement, tous les moyens, tous les supports de communication si nombreux et divers sont bons pour montrer des modèles de jeunes filles dans des postures de soumission, de docilité. Des hommes toujours bien debout, musclés et dominant.

Ce sont là les modèles que de trop nombreux enfants ingurgitent tous les jours. C’est aussi ce qu’ils et elles reproduisent dans leurs relations amoureuses qui sont trop souvent imprégnées de non-respect, de violence. Des relations dans lesquelles le jeune homme « gère » la jeune fille !

Aujourd’hui une femme est entre la vie et la mort. C’est tous les jours que de nombreuses femmes meurent à petits feux dans des relations de violences psychologiques, morales, sexuelles. Alors il est temps d’aller plus loin, de renforcer la lutte :

Rappelons d’abord que toutes les plaintes des femmes doivent être entendues, pas raillées. Il n’y a pas de petites violences, de petites gifles, de harcèlement sans importance. Il y a des femmes – des adultes – qui dénoncent et qui disent NON et qui veulent que leurs droits soient respectés.

Il faut un observatoire des violences dans le couple dans notre pays, même si cette proposition a été retirée du projet de la nouvelle loi « égalité hommes/femmes ». Il est important de mieux appliquer l’arsenal juridique existant, de systématiser la coordination des professionnels/les (police, justice, travail social, personnel médical), leur formation sur ce sujet, et surtout le financement de ces mesures.

Il faut que les condamnations soient suffisamment sévères pour être dissuasives : deux ans de prison pour le récidiviste dont nous parlons plus haut qui a agressé son ex-compagne, et saccagé ses biens ! Cela ne peut qu’en faire un héros, légitimer son geste et encourager l’émulation !

Les moyens doivent aussi être mis en place pour de vraies politiques de prévention, de lutte contre les violences sexistes et sexuelles à l’école.

La formation de la communauté éducative, de tous ceux, de toutes celles qui sont en rapport avec des enfants, des jeunes, dans les associations, doit être une obligation afin qu’ils et elles sachent repérer les comportements sexistes et accompagner les enfants vers des valeurs de respect mutuel, d’égalité entre les deux sexes, de construction d’identités d’hommes et de femmes qui ne seront plus celles de la domination d’un côté et de la soumission de l’autre côté.

Association Culture Égalité

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