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« Personne ne se soucie de nous. Nous allons lentement disparaître de l’histoire »

Une jeune Afghane, le 13 août 2021


En ces temps obscurs de recroquevillement où se déploient tous les égoïsmes, tous les individualismes humains, toutes les prédations économiques, et où nous sommes en train de perdre un peu de notre fraternité, le moment est venu de nous mobiliser.


Aujourd’hui en Afghanistan, les Talibans (redoutables miliciens intégristes) ont repris le pouvoir.


Photos d'Andrew Quilty Sur le tarmac du côté militaire de l’aéroport international Hamid Karzai, le 23 août 2021


Sous notre regard, ils instrumentalisent radicalement la religion pour soumettre et dominer le peuple afghan et particulièrement les filles et les femmes afghanes. Au nom de la charia qui, dans son origine première, signifie « le chemin vers la source » mais qui est interprété par les Talibans comme le chemin pour imposer la loi de Dieu, la loi islamique.


Un peu d’histoire nous rappelle que ce peuple subit depuis des décennies les répressions et les régressions à chaque retour des régimes religieux islamiques. Pourtant, ce peuple a connu des parenthèses très progressistes et modernes pour les droits des femmes : sous le règne du roi Amanullah Khan, au cours des années vingt, pendant une dizaine d’années, la femme n’est plus une marchandise échangée contre 3 chèvres et 1 bouc et n’est plus l’objet de dot. Dans les années soixante-dix et durant deux décennies : sous le régime démocratique soviétique (de 1973 à 1992), une femme afghane, Meena Keshwar Kamal fonde, en 1977, l’association révolutionnaire des femmes. En 1988, les femmes représentent 40% des médecins et 60% des enseignants à l’université de Kaboul.


Photos de Wally Skalij- Los Angeles Times


Puis, il y a cinq longues années de souffrances pour les Afghans et les Afghanes de de 1996 à 2001, sous l'Émirat islamique des Talibans et son Ministère pour la promotion de la vertu et de la répression des vices où rien n’est possible : plus de danse, plus de théâtre, plus de livres, plus de musique avec en plus en ce qui concerne les femmes : interdiction d’étudier, d’exercer un métier, de sortir sans tutelle masculine, de prendre un transport public, lapidation, coups de fouet, mariage forcé, amputation, port de la burqa (voile intégral-tchadri en langue afghane).


En 2001, Oussama Ben Laden est assassiné et une République renait, protégée par l’OTAN (qui va se retirer progressivement à partir de 2015). Les femmes combattantes retrouvent leurs places : journalistes, actrices, députées (27% à l’Assemblée Nationale). Laley Osmany crée le mouvement « WhereIs My Name » en 2017 pour revendiquer le droit de faire apparaître son nom sur les documents administratifs.


En 2020, le groupe féministe le « Women’s National Movement for Peace » milite contre le voile obligatoire, pour la mixité scolaire et lutte contre les féminicides.


Cette même année, le 20 février 2020, l’accord de Doha est signé au Qatar avec les Talibans qui s’engagent à libérer des prisonniers et à respecter les Droits Humains. L’armée américaine se retire et les pratiques ancestrales patriarcales ont de nouveau libre cours.


Aujourd’hui, les Talibans ont repris le contrôle du pays et instaurent leur régime de terreur et leur vision déformée de la charia.


Des afghans tiennent le drapeau national lors d’une manifestation organisée à l’occasion de la fête de l’indépendance afghane à Kaboul, en Afghanistan, le 19 août 2021. REUTERS


En ce moment (août 2021), à Ghazniet, des soldats gouvernementaux et des civils sont exécutés, des jeunes filles sont prises de force comme épouse par les combattants conquérants. Une liste des jeunes filles de plus de 15 ans et de moins de 45 ans doit être fournie, interdiction pour les femmes de sortir de leur maison sans être accompagnées d’un homme membre de la famille, port de la burqa obligatoire…etc.

Non, « la voie » n’est pas la loi de quelques hommes. Une doctrine officielle de criminels de droit commun, de pédocriminels et de violeurs, voilà à quoi ressemble cette charia.


Femme afghane, nous nous soucions de vous, car nous sommes des femmes et nous sommes nombreuses dans tous les pays du monde, des millions à vouloir comme toi l’égalité des Droits, la liberté d’aimer et de choisir, la liberté de s’habiller comme on le décide, la liberté d’agir dans tous les domaines, dans tous les métiers, la liberté de parler. L’Histoire ne t’oublie pas. L’Histoire que tu as à chaque fois contribué à construire.


Culture Égalité est solidaire de toutes les solidarités envers le peuple afghan et demande à l’Etat français d’accueillir sur le sol français toutes les femmes afghanes qui le demandent. Tous les pays démocratiques doivent ouvrir les frontières, leur accorder le droit d’asile et l’hospitalité.


Les Afghanes, c’est Nous.



Nathalie DELBOIS pour CE


Aux combattantes de la Liberté :

Shoukria Haidar, présidente de NEGAR

Meena Keshwar Kamal, Fondatrice de l’Association Révolutionnaire des femmes en 1977

Laley Osmany et le mouvement « WhereIs My Name » (Où est mon nom ?) en 2017

Zarfa Ghafari 27 ans Maire de Maidon Shar (50000 habitants) en 2021

Fawsia Koofi, Députée et plusieurs fois menacée de mort

Homera Qaderi, 40 ans, Défenseuse des Droits des femmes

A toutes les combattantes inconnues… petites filles, jeunes filles et femmes afghanes



Sources : Conférence de NEGAR 10/08/21. The Sunday Times Londres 15/08/21 de Catherine PHILIP, Le Journal Du Dimanche 21/08/21 deThomas LIABOT, Memory BANDA, Malawi et Wikipédia.


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