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Grenelle des violences faites aux femmes : compte rendu de la réunion tenue à la préfecture de Martinique le 03 septembre

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22 juin 2019
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Grenelle des violences faites aux femmes : compte rendu de la réunion tenue à la préfecture de Martinique le 03 septembre

grenelle 2019

Les associations de luttes contre les violences faites aux femmes et les institutions qui sont impliquées dans cette problématique étaient présentes ce 03 septembre 2019.

  • George Arnaud représentait Culture Égalité.
  • Fabienne Sainte-Rose représentait l’AMEVIT.
  • Émilie Albert représentait le Mouvement du Nid Martinique.

Ces trois associations font partie du Collectif 8 mars Martinique

L’ objectif a été énoncé par Muriele Cidalise-Montaise, Déléguée Régionale aux Droits des Femmes et à l’Egalité : entendre les propositions des associations et des institutions présentes et créer une Commission de lutte contre les violences conjugales. 

Le Président du tribunal a évoqué la politique menée en Espagne où les violences ont diminué de moitié. Également Président du Conseil Départemental d’accès aux droits, il en a rappelé les réalisations : Points d’accès aux droits, Maison de la Justice.

L’ intervention du Procureur a bien montré que la politique menée sur notre territoire jusqu’ici est « un échec » : 3 plaintes par jour, un taux de victimisation  3,55/1000 (sur 1000 femmes, 3,55 sont victimes de violences en moyenne) contre 1,73/1000 en France, soient 2 fois plus ici. “Situation d’échec, ce taux ne varie pas”. 

Il rappelle les dispositifs mis en place : Téléphone Grand Danger, stage imposé dès la 1ère gifle aux auteurs, mesures d’éloignement. Sa proposition : recueillir la plainte là où se trouve la Plaignante.

M. Francis Carole membre du conseil exécutif de la CTM a précisé la politique de la CTM dans la lutte contre les violences faites aux femmes : une référente égalité femmes/hommes,  deux Assistantes Sociales mises  à la disposition de la gendarmerie,  des financements à l’UFM.  

Il a également annoncé un programme de formation sur 3 ans pour les policiers, gendarmes et professionnels de la santé.

Par la voix de George Arnauld, Culture Égalité a réagi tout de suite et a confirmé qu’il n’y a pas de progrès,  particulièrement dans l’accompagnement des femmes sur le long terme : ” Lors de la rencontre du Collectif 8 mars Martinique avec les femmes, elles nous ont dit, entre autres : Vous nous lâchez trop tôt,  on est perdues “. 

 Elle a demandé que des moyens soient donnés aux associations afin de disposer d’une psychologue pour accompagner les femmes et animer des groupes de paroles pour femmes victimes. Elle a insisté sur la prévention en milieu scolaire et la nécessité d’un temps plein pour la Chargée de mission égalité filles/garçons au Rectorat. Elle a aussi interpellé Mr Francis Carole pour une politique territoriale avec une ligne budgétaire à la CTM. Elle a réclamé aussi une politique clairement identifiée de la part des communes et des communautés de communes. Il est inacceptable, par exemple, d’avoir à se battre (sans résultat) jusqu’ici pour qu’une banderole soit apposée sur le fronton des mairies le 8 mars et le 25 novembre. Elle a aussi souligné qu’il y a une urgente nécessité à amener les personnes qui reçoivent les femmes à la prise de conscience du système patriarcal dans lequel nous vivons. Les amener à comprendre pourquoi les violences existent dans notre société. Si toutes celles et tous ceux qui sont impliqué.es dans l’accompagnement des femmes n’ont pas appris à déconstruire les rouages de cette société de domination masculine,  elles et ils ne pourront pas amener les femmes victimes à déconstruire celle-ci pour qu’elles ne retombent pas dans la violence. L’accompagnement des femmes victimes de violence ne peut se réduire à un accompagnement social. Il serait à la limite nécessaire que les accompagnateurs.trices soient porteurs.ses des valeurs féministes. CE a aussi dit le malaise des femmes lors des dépôts de plaintes, du fait que les policiers et gendarmes sont majoritairement des hommes….

Le procureur et les référentes police et gendarmerie (Direction départementale de la sécurité publique) ont proposé un espace dédié pour les dépôts de plainte des femmes victimes, et notamment un espace pour accueillir les enfants lorsque les mères portent plainte.

La présidente des médecins libéraux a proposé une formation des médecins et la remise d’un dépliant donnant toutes les infos nécessaires pour l’orientation et l’accompagnement des femmes victimes, ainsi que d’un livret de suivi à destination des médecins. 

L’observatoire des violences par la voix de Roger Cantacuzène a fait ressortir le pourcentage élevé des violences sexuelles parmi le nombre total de violences. Il a dit aussi, et cela doit être entendu, que les violences dans les relations amoureuses sont très importantes, ne sont pas prises en compte dans les statistiques des violences conjugales. On a de quoi s’inquiéter sur le nombre de femmes victimes de violence !

Le docteur Jehel a fait ressortir, entre autres, la nécessité d’une attention particulière en direction des enfants. Des signes doivent nous alerter sur d’éventuelles violences dans le foyer. Il s’agit de mettre en place très vite une prise en charge de l’enfant et surtout de faire des investigations dans ce sens dans la famille. 

Il a également été rappelé la nécessité d’un numéro d’urgence à l’heure martiniquaise, avec des personnes créolophones. SOS Kriz, par la voix de Fabienne Sainte-Rose,  a rappelé que son numéro est disponible dans les cas de violence conjugale également.

Il a été proposé de prendre des exemples de parcours de femmes qui ont rencontré des difficultés, de les décomposer pour permettre d’agir sur chaque “bug” du système.

Patricia Lidar, vice-présidente de la CACEM, a évoqué le Violentomètre comme outil de prise de conscience (diffusé sur les réseaux sociaux).

Suite à la présentation du Pôle Médico-légal du CHU, le Préfet a proposé à Mme Cidalise-Montaise d’organiser des visites du lieu pour les associations/structures. Les invitations seront envoyées par email aux participant.es du Grenelle.

Pour conclure, cette rencontre lance la phase de recueil des propositions (2 mois). Seront prochainement annoncées 2 séances de travail (parcours, accueil, hébergement, accompagnement) le 24 ou 25 septembre, puis probablement le 14 octobre. Le 22 novembre débutera la rédaction du Plan territorial des luttes contre les violences conjugales.

Nous avons remis le livre blanc au préfet Mr Robine et à Mr Carole membre du conseil exécutif de la CTM. 

Le préfet s’est engagé à tout faire pour améliorer l’existant et pour donner du sens à cette commission. 

George Arnauld, Emilie Albert

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