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Anahële, 18 ans, témoigne contre une société raciste et sexiste qui détruit la confiance en elles des jeunes filles noires.

Que tous les pédocriminels tremblent !
8 février 2021
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Anahële, 18 ans, témoigne contre une société raciste et sexiste qui détruit la confiance en elles des jeunes filles noires.

Comme de nombreuses adolescentes en Martinique, Anahële fait l’expérience d’une forme insidieuse de racisme : la hiérarchisation des femmes en fonction de leur proximité avec la peau blanche. Nos critères de beauté ne sont pas neutres. Ils sont l’héritage de la période esclavagiste et coloniale, et reflètent une domination blanche toujours présente. Il est urgent de déconstruire ces normes et de montrer davantage de modèles positifs aux petites filles noires. 

Ma couleur de peau a toujours été un problème.
Depuis petite à vrai dire. Les princesses Disney que je voyais à la télé ne me ressemblaient pas. Dans mes dessins animés tels que «Clifford le gros chien rouge», je n’arrivais pas à m’identifier aux personnages, et quant aux publicités, je voyais très rarement des femmes qui me ressemblaient.
A l’école primaire, en France métropolitaine, même si les élèves étaient mélangés et qu’il y avait quand même des filles et garçons de ma couleur de peau, j’enviais les filles blanches. Avec leurs cheveux lisses et leurs yeux clairs, les garçons étaient toujours amoureux d’elles. Et je me demandais à chaque fois : « Pourquoi moi je suis pas comme elles ? Pourquoi moi j’ai pas les mêmes cheveux ou les mêmes yeux ? Pourquoi je ne suis pas « jolie » ? »
Suite à cette différence, je me suis auto-classée. J’ai décrété que je ne serais jamais aimée, si je ne leurs ressemblais pas. J’ai évidemment été amoureuse, cependant j’étais persuadée que s’ils ne m’aimaient pas en retour c’était à cause de ma couleur de peau.
Arrivée en Martinique, c’était assez similaire. Les garçons préféraient les filles aux peaux claires, celles qui avaient des cheveux bouclés. Donc plus précisément, les filles qui se rapprochaient des filles blanches. L’entrée au collège a été identique. Toujours le même cercle. Et les réseaux sociaux n’ont rien arrangé. C’était une meilleure façon de montrer leur « supériorité » face à moi.
Et lorsque l’on arrive au lycée et que les gens ne se privent pas pour dire que « les chabines sont les plus belles » et d’autres choses du même style, on a l’impression que rien n’avance.

Aujourd’hui, j’aimerais vous dire que j’ai réussi à passer outre. Que tout ça est derrière moi. Qu’évidemment le «happy end» est enfin là. Cependant, non. Aujourd’hui, je peux dire : j’ai 18 ans et j’ai toujours envie d’être blanche car je n’accepte pas ma couleur de peau.


Anahële

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